Fabriqué à plus de 12000 exemplaires en 1976 le Royal Flush n’est vraiment pas rare, tous les cafés de France ont eu, à un moment ou à un autre, ce flipper à disposition…

C’était la période de gloire pour Gottlieb avec un avenir sans nuages, si ce n’est la petite brèche des premiers jeux électroniques.
Et pourtant c’est le moment de sortie, en catimini, du premier flipper à utiliser la technologie électronique !

Mais ce n’est pas un « grand » qui le tente (Mirco games n’a jamais fait trembler les producteurs américains de flippers) et l’attrait en est tellement limité que ça a plutôt tendance à rassurer nos barons qui vont continuer à nous sortir, à grande fréquence, d’excellents flippers qui seront le chant du cygne de l’électro-mécanique d’après guerre.

Ce flipper est très beau, hyper coloré et, pour attirer le chaland, ce Mandrake, magicien qui a bercé la jeunesse pré-soixantehuitarde, attire l’œil en faisant penser qu’il est facile de gagner aux cartes sous le regard énamouré de la potiche de service.


Toute la difficulté de ce jeu est justement de viser à bon escient, et pas par magie, les targets qui vont bien pour faire les combinaisons qui payent le plus :

Kings or Jacks qui font 1000 points de bonus (doublés à la 2ème et 3ème bille)
Kings & Jacks qui font 2000 points de bonus (doublés à la 2ème et 3ème bille)
Three Queens qui font 3000 points de bonus (doublés à la 2ème et 3ème bille)
Full House qui fait 4000 points de bonus (doublés à la 2ème et 3ème bille)
Et enfin, la cerise sur le gâteau, le Royal Flush qui fait 5000 points de bonus (doublés à la 2ème et 3ème bille)

Ces gains se cumulent et représentent souvent une grosse partie du score final : en faisant carton plein sur la 2ème et 3ème bille, ça rapporte 60 000 points !

Il est rageant, certaines fois, d’avoir abattu un max de cibles et de n’en tirer qu’un faible profit parce que les combinaisons juteuses n’ont pas été atteintes !
A l’époque, je jouais à deux (économie…) avec un bon collègue et j’avais le côté droit, c’est-à-dire la responsabilité du lanceur ce qui est très important sur ce jeu : suivant le cas on atteint un des 3 couloirs jokers de gauche (avec une prédilection pour le blanc qui allume le couloir des 3000…), le bumper qui vaut 1000 points et qui peut en rapporter pas mal si on est habile ou le trou central si ça n’accroche pas le bumper et que la bille glisse !

Chaque couloir joker est doublé par une target de la même couleur qui permet (lorsque les 3 sont faits) l’allumage du special dans l’éjecteur qui est longé par un couloir où se trouve le contact ouvrant le portillon de droite.

Ce jeu est plaisant avec suffisamment d’intérêt pour que l’on continue à y glisser une pièce d’un franc quand on passe devant, la bille circule facilement et est même rapide, parfois trop car une partie peut durer moins d’une minute !
Quand on le connaît bien il y a moyen de faire des scores extraordinaires (plusieurs centaines de milliers…) grâce aux bonus de fin de bille et lorsque l’on a abattu toutes les targets, il y a derrière des cibles rectangulaires qui valent 500 ou 3000 points mais cette dernière, au centre, bien que nettement plus intéressante, présente un danger certain de sortie entre les flippers…
Côté restauration, ce flipper étant un grand classique de chez Gottlieb, il n’y a aucun problème technique et seule l’esthétique nécessitera d’y passer du temps !

A domicile, ce flipper présente toutes les caractéristiques nécessaires pour faire un succès : il est très abordable en technique de jeu pour un néophyte ou un enfant, attirant par son graphisme, ses couleurs et son thème et tentera toujours le joueur confirmé par le défit permanent qu’il représente.
Si le xylophone est présent, il ne reste qu’à mettre un vynil en fond sonore, servir le pastaga au comptoir et vous avez inventé la machine à remonter le temps !!!
Bon jeu…
Milan 08/05