" On n'a pas des métiers faciles "
C'est ce que mon ancien patron se plaisait à me dire lorsqu'il me croisait tard le soir
dans la société alors que mes collègues de travail étaient depuis longtemps rentrés chez eux,
et regardaient probablement un match de foot confortablement installés dans leur douillet canapé....
Depuis que c'est moi le boss, je pense toujours la même chose ! !
Pas facile donc d'avancer, mais c'est du loisir, donc du plaisir, et quand ça devient une contrainte, on fait une pause.
J'en ai fini avec mes vis, du moins je croise les doigts en attendant mes tarauds qui, je l'espère seront les bons...
Maintenant c'est une histoire de ressorts qui me tracasse, et qui m'a occupé toute la journée.
On n'est pas des millions à avoir un Chantal sous les yeux, il est donc difficile de se rendre compte à tel point il est bourré d'erreurs de conception..
Tous les jukebox que j'ai pu dépanner (et il y en a eu un certain nombre) ont une mécanique suspendue par des ressorts.
Les ressorts sont fixés quelque part dans la caisse, et viennent supporter l'ensemble de la mécanique, y compris le système de sélections.
L'unique liaison entre la caisse qui est fixe, et le mécanisme suspendu se résume à un faisceau de câbles électriques
qui véhiculent les alimentations, les fin de course, Etc...
S'inspirer de ce qui marchait chez les concurrents ne semble pas avoir été une préoccupation majeure pour les concepteurs de Bristol...
Tout le système de stockage des disques, les languettes de mémoire, et le plateau de lecture qui chapeaute l'ensemble est effectivement suspendu
sur des ressorts, mais les deux solénoïdes qui poussent les languettes en avant pour mémoriser la sélection sont quand à eux solidaires de la caisse...
On comprend donc assez aisément que si les ressorts se tassent, ou que si le poids de l'ensemble n'est pas respecté, à quelques centaines de grammes près,
la tige du solénoïde sera soit trop haute, soit trop basse pour pousser la languette en face. Démonstration par une image :
On voit clairement dans cette illustration que la tige du solénoïde du haut poussera la languette du bas, et la tige du solénoïde du bas poussera dans le vide..
Le plateau est donc trop léger (c'est normal il est incomplet et fabriqué provisoirement avec des matériaux plus légers qu'a l'origine), les ressorts ne sont pas assez compressés..
Parlons donc des ressorts.. A l'achat du jukebox un seul malheureux ressort était présent sur la roue dentée.
Ses 4 autres confrères avait certainement fini sous un meuble ou à la poubelle.. L'exemplaire en main,
j'en avais mesuré toutes les caractéristiques et dimensions, et à grande peine j'avais fini par trouver des clones sur...Aliexpress. Merci aux chinois ! !
Sauf que les Chinois ne font apparemment pas que de la merde, et que les fameux ressorts tout neufs ne se compriment que si on y met le poids d'une vache dessus.
En chargeant provisoirement le plateau avec un seau rempli de 20 litres d'eau il me manquait 15mm. pour aligner les languettes avec les poussoirs..
les ressorts sont composés d'acier à haute teneur en carbone, et ont certainement reçu un traitement thermique. Je les ai donc chauffé pour affaiblir la trempe
tout en les comprimant pour réduire leur hauteur déployée. les premiers essais ont viré au drame à plusieurs reprises à cause d'une chauffe non uniforme,
et le fait que je les comprimais sans les guider. Résultat: je me retrouvais avec des ressorts non rectilignes ce qui aurait fait tourner le plateau comme un œuf

Au final et après beaucoup de tâtonnement, j'ai tourné un bout de rond au diamètre intérieur du ressort, enfilé le ressort, monté le tout sur le mandrin du tour, mis
en rotation, et chauffé tout en comprimant le ressort avec une clé à œil. j'ai répété l'opération 5 fois et vérifié les hauteurs de chaque ressort une fois l'opération finie
Bonne lecture, merci pour votre visite et commentaires, à demain pour la suite...
une restauration réussie, c'est quand les gens croient que l'objet est "dans son jus"