Ce jeu a aussi était fabriqué en Allemagne dont une version avec les inscriptions en Allemand (de très bon goût !) je n’en connaît pas la production;
Puis souvent repris, il y a près d’une dizaine de versions de tous styles, le constructeur a très largement exploité le filon.
C’est l’œuvre du duo Ted Zale/ Dave Christensen.
Du point de vue graphisme, il faut considérer ce jeu dans son ensemble. C’est ce qui change par rapport à d’autres designers. On ne parle plus d’une belle glace, ou d’un beau plateau, mais d’une machine complète. En effet, la caisse participe entièrement à l’esthétique du jeu.
Personnellement, je n’apprécie que moyennement la glace, que je trouve peu détaillée et je n’aime pas vraiment ce démon lanceur de billes enflammées. Il me le rend bien d’ailleurs, rien qu’à voir la tronche qu’il fait, pour comprendre qu’il n’est pas heureux d’être là !
C’est le premier flipper bally dessiné par Christensen, ce qui explique qu’on ne retrouve nulle part sa traditionnelle signature. On notera aussi, qu’excepté le personnage central il n’y a pas d’autre représentation matériel ou humaine. Que des flammes!
On échappe pour ce coup-ci aux incontournables représentations érotico-lubriques auxquelles le « mad dog » donnera libre court tout au long de sa splendide carrière.
Le plateau est bourré de gadgets au détriment de réels éléments à viser, aux antipodes d’un gottlieb par exemple.
Le jeu s’en trouve en perpétuelle effervescence, tant et si bien qu’il a fallu calmer un peu les choses (voir article sur modif spinner). Ça devenait difficilement jouable, mais pas impossible. C’est juste un choix.
J’ai dû régler les slingshots pas trop sensibles et réduire au maximum l’écartement des couloirs latéraux pour rendre ce jeu enfin plaisant.
Le lancer est primordial car il faut faire faire un demi tour à la bille sur le plateau incliné (c’est le playfield lui-même qui est découpé puis incliné) pour obtenir un maximum de points et surtout, allumés les deux bumpers jaunes.
Tir trop court, la bille dégouline en marquant au mieux 100 points, tir trop long, elle file directement vers les bumpers via une mignonne petite rampe de descente sur la gauche.
Vu qu’il n’y a aucune possibilité d’y remonter à moins de bloquer une bille, et d’essayer à nouveau un lancé.
Après la traditionnelle séquence de « molestage » dans les bumpers, on se retrouve au centre du plateau, où notre superbe démon chevauche fièrement le fameux spinner tout en lançant des billes enflammées. C’est décidément une idée fixe chez lui.
Voici nos deux captures (dieux du feu) car le fireball à la particularité d’être multibilles (3).
Odin à gauche
Et Wotan à droite
Quand on bloque une bille dans Odin, tout un mécanisme faisant graduer les différentes valeurs de points devant la capture se met en marche à la manière d’un « chenillard ».
Cet impressionnant système nécessite pas mal de matos.
Il va de soit que le jeu vous donne la valeur des points indiqués lors du lâché de cette bille captive, qui s’obtient en déclanchant le Mushroom bumper jaune de l’autre coté du plateau.
La capture Wotan se libère quand on touche l’autre mushroom jaune du côté gauche du plateau ; elle donne en bonus 1000 points par mushroom touché plus tôt.
Les mushrooms bumpers sont une innovation dont Bally nous gratifiera pendant de nombreuses années et qui ne sont ni plus ni moins que l’équivalent d’une cible fixe.
Hormis le fait de libérer les billes captives, ils ont aussi une autre utilisation. Le bleu sert à fermer le système de zipper-flipper
Les deux jaunes, remettent les flippers en position normale.
On a aussi sur le plateau, tout autour du disque tournant, des buttons blancs qui donnent 10 points. Mais celui d’en haut allume le système Kicker, qui est un renvoi quand on perd la bille par le couloir gauche (outlane) ;
Une lampe nous rappel que le système est activé.
Toujours autour du disque, deux autres boutons se chargent de désactiver ce mécanisme.
Comme si tout ça ne suffisait pas, on a aussi sur le plateau une bille captive.
Outre le fait de donner des points elle libère les billes capturées quand on atteint la cible rouge mais elle ouvre aussi, du côté wotan, une porte qui permet le renvoi de la bille capturée vers le couloir de lancement. C’est comme si vous obteniez une extraball !
Vu qu’il faut a u mécanisme un tour de moteur avant de libérer les billes, on a moins l’impression que tout vous tombe dessus comme sur le star jet par exemple.
Ouf, voilà pour l’essentiel !
Volontairement, Je ne suis pas rentré dans tout le détail.
Voici une vue du mécanisme des zipper-flippers. Bally continu d’utiliser les petits modèles de doigts de flipper sur ce mécanisme alors qu’il est passé aux grands sur les autres jeux depuis déjà quelques temps.
Ce système a l’inconvénient de rendre le touché de bille peu précis voir complètement aléatoire en position fermé.
Vu la monstrueuse planche de fond (qui touche l’arrière du flipper) on comprendra que Bally est fait l’impasse sur le traditionnel système de spécial ou sur le bonus de fin de bille.
C’est plein comme un œuf !
Pas de doute, pour un de ces derniers jeux, Ted Zale a bossé !
A noter aussi, l’ingénieux dispositif qui permet de lever la vitre du plateau sans avoir à la faire coulisser, ce qui peut être pratique quand on manque de place et ça évite de se tailler les doigts.
Ce procédé existait déjà sur les flipper Rally de la série fliptronic.
Voilà ce que ça donne avec le plateau levé :
Seul concession au passé, bally garde le logo dessiné par Kelley.
Ce qui tranche avec le style de ce flipper.
Nul doute que ce jeu devait coûter très cher à fabriquer, mais cela n’explique en rien l’engouement totalement démesuré des collectionneurs pour cette machine (voir sa côte) !
Il faut y passer du temps pour l’apprécier à sa juste valeur et ne pas le cantonner à être une simple table de chevet.
Personnellement, plus j’y joue, et plus je m’amuse avec.