Bonjour,
Je suis en train de préparer quelques pages pour mon site perso, comme il n'est pas encore en ligne, je te mets ci-dessous la partie texte. Dans la version finale il y aura des photos rendant le texte plus explicite. Pour des versions très illustrées tu peux comme déjà dit te reporter sur le site
http://www.joiret.com, où tu trouveras toutes les photos "mécaniques". Ce site de Jean-Paul Joiret, est à mon avis un des plus réussis et complet dans ce domaine.
Néanmoins, je te mets ci-dessous "ma" version, mais je ne veux pas me cantonner à la mécanique, à mon avis, les autres aspects ayant aussi leur importance.
"Outre le plaisir personnel du collectionneur, l'intérêt que procure une machine à sous "ancienne" est triple,
LE PREMIER TÉMOIGNE D'UNE ÉPOQUE:
Les machines à sous témoignent réellement d'une époque, tant au point de vue artistique qu'historique. En effet leur design a évolué "collant" à la mode, au style, à l'architecture dans lesquels elles se sont intégrées. Je crois que les machines à sous anciennes peuvent être qualifiées d'objet d'art.
Les premières machines virent le jour à la fin du XIXème siècle, nous étions alors au début de la période "Art Nouveau" qui se poursuivit jusqu'aux alentours des années '20. Nous avons là de magnifique témoins, classés antiquités par le fisc ! Quasiment toutes les machines américaine appelées "Upright", car posées droit sur le sol, elles étaient de véritables meubles au bois sculpté enrichi de bronzes. Les modèles les plus évocateurs sont les "Dewey" de Mills*, "Eclipse" de Caille*, puis vinrent peu après 1908-1920 leurs petites sœurs posées sur les comptoirs, en particulier les Caille* "Ben Hur", dont les dessins de la partie centrale ainsi que les symboles, lune, comètes, soleil... sont définitivement représentatifs de ce style. Quelque Watling* ont également été fabriquées à cette époque. Il va sans dire que les artistes, sculpteurs, designers (mot qui ne devait sans doute pas encore exister!) travaillaient à la main.
Avec la construction des gratte-ciels, s'établit la période "Art Déco", à nouveau nos machines préférées témoignent de leur temps, d'une façon très représentative inspiré de l'architecture, ainsi naissent les "Skyscaper" de Mills*, "All Star" de Pace* et autres "Duchess" de Jennings*. Si ces machines évoquent des lignes verticales pour coller aux immeubles, d'autres se fondirent dans le plus pur style "Art Déco", telles les "Roll A Top" de Watling, "Superior" de Caille, puis "Comet" de Pace*.
Mais ces objets d'art témoignent aussi de la face noire de la fin de cette époque, appelée PROHIBITION. En effet dans les Lois portant sur les produits et substances interdits se trouvaient également les machines à sous décrétées immorales. Et c'est sans état d'âme que des milliers de ces objets furent détruits. C'est ce qui explique par ailleurs la difficulté de trouver aujourd'hui certains modèles dans un état irréprochable.
Certaines machines de Pace* furent exportées vers la France, principalement la "All Star-Gold Award", baptisée chez nous Pace Orange, et la "Comet", baptisée Pace Blanche. Assez nombreuses furent aussi les Roll A Top de Watling*. Malheureusement nombre d'entre elles subirent le même sort qu'en Amérique, succombant aux affres de la législation française.
La seconde guerre mondiale stoppa pour un temps l'évolution des machines, mais ce n'était que pour mieux rebondir, où dès 1946 de nouveaux modèles arrivèrent avec l' "Art Moderne" sur le marché américain. C'était le début des grosses 8 cylindres américaines bourrées de chromes, sans doute à nouveau pour témoigner de leur temps, les machines à sous aussi, à l'instar des "Hi Top" de Mills* des "Buckley" sous marque de Mills* et des séries "Diamond", "Golden Fall", toujours de chez Mills* et dont de nombreuses variantes furent construites. Ce fabricant su aussi s'adapter aux casinos des villes de perdition ! Tel le mythique Golden Nugget de Las Vegas. Ces modèles perdurèrent jusqu'au début des années '60, avec les séries à têtes d'indien de Jennings* commencées dans les années '30 pour se terminer en 1964 avec l'unique "Governor". Le relais fut en suite pris par les machines électromécaniques telles Bally* et désormais électroniques de IGT*.
Ces modèles ne sont pas ma tasse de thé, aussi vous n'en trouverez point dans ma collection ! Mais je me garde d'en médire, car à coup sûr elles deviendront aussi dans 100 ans des objets de collection, antiquités témoins de leur temps.
On ne peut évidemment pas passer sous silence les machines françaises. Lorsqu'on sait que c'est en France et plus particulièrement Paris et sa proche banlieue, qu'il y eut le plus grand nombre de fabricants au monde, de machine dites murales, car en forme de petit placard accroché au mur. Ces machines fonctionnaient à peu près toutes selon le même principe, une roue de loterie divisée en 12 segments, qu'une roulette animée de bas en haut par un personnage arrêtait sur un des segments de la loterie pour délivrer un jeton si vous aviez misé sur la bonne couleur. La mise était une pièce trouée de 25 centimes que l'on glissait dans la fente de la couleur choisie, les segments de couleurs au nombre de trois correspondaient à une valeur de 50 ou 75 centimes, il était possible de miser sur plusieurs couleurs. Aux gains de 50 ou 75 centimes correspondaient des jetons de 50 ou 75 centimes à échanger contre des consommations. Les machines ne distribuant pas d'argent la morale était sauve. Cela n'empêcha pas leur interdiction avec les autres modèles en 1937. A leur façon elles témoignèrent aussi de leur époque, les trois couleurs que comportaient généralement les machines étaient Vert - Rouge - Jaune, toutefois au moment et à la fin de la première guerre mondiale sur certaines machines les couleurs furent remplacées par Bleu - Blanc - Rouge. Cela permettait de perdre son argent au bistrot en bon patriote. Les événements, qu'on appellerait peut être aujourd'hui produits dérivés, étaient également de mise, tel le champion de boxe d'entre les deux guerres Jonhson, dont l'effigie, portant la roulette, fût reprise sur la plus célèbre murale de Bussoz* nommée pour l'occasion Jonne Sonne, car lorsqu'on gagnait, en plus du jeton une sonnerie tintait.
LE DEUXIÈME EST LA MÉCANIQUE OU BEAUTÉ INTÉRIEURE:
S'il n'existait déjà, le mot ingénieur eût pu être créé spécialement pour ceux qui conçurent les machines à sous. C'est bien d'ingéniosité qu'il faut parler, transposez- vous fin du dix-neuvième siècle, début du vingtième et imaginez faire fonctionner un jeu par le seul mouvement d'abaisser un levier après avoir inséré une pièce de monnaie, qui va déclencher une succession d'opérations qui vont déterminer une combinaison de dessins, qui elle même décidera si vous avez gagné, combien vous avez gagné, vous donnera le bon nombre correspondant à votre gain et tout cela en recyclant les pièces insérées de telle sorte qu'aucune autre énergie ou intervention de qui que ce soit n'intervienne, tout en assurant les gains avec l'argent que les précédant joueurs auront perdu ! FANTASTIQUE !
Mais revenons un peu sur cette merveilleuse mécanique. Pour toutes les machines le principe de base depuis 1887 jusqu'à 1964, est le même. Des variantes ont été imaginé par les différents constructeurs, sans doute pour contourner les brevets qu'ils ne manquaient pas de déposer à chaque nouveau modèle.
La base est une séquence d'opérations organisées autour d'un régulateur afin que le déroulement séquentiel s'établisse dans un certain ordre, toujours le même, à une certaine vitesse. Cela est combiné avec l'introduction et recyclage des pièces de monnaie. Tout est question de tirettes, de biellettes, d'axes et de ressorts.
En premier lieu, l'introduction de la pièce dont le diamètre est limité par le monayeur, le poids de la pièce lui fait parcourir le chemin adéquat si elle n'a pas été déviée par un aimant dont la position permettra d'éliminer la pièce fabriquée dans un mauvais alliage, lorsque le levier commence à baisser, un jeu de tirettes actionnera un ou deux picots qui vérifieront la présence de la pièce. La pièce étant bien présente, le picot ne pouvant plus s'enfoncer permet au levier de continuer sa course. Le levier va simultanément armer tous les ressorts et pousser la pièce dans un tube réservoir. Continuant sa course, une fois tous les éléments en position de départ, les ressorts tendus, le levier libère violemment un axe sur lequel un dispositif va "lancer" les trois rouleaux en libérant simultanément le ressort principal qui va tirer sur un bras (selon les modèles) lequel commande une succession d'événements. Afin que tous les événements se succèdent dans le bon ordre avec un certain temps intermédiaire, la tension du ressort principal est absorbée par un régulateur, qui en fait est un petit mouvement d'horlogerie à ailette. Le bras peut alors se mouvoir avec une certaine lenteur autour d'un axe. La première séquence est l'arrêt des rouleaux l'un après l'autre, les rouleaux sont associés à des disques métalliques perforés, à chaque dessin sur les rouleaux correspond une perforation dans le disque associé. Les trois rouleaux étant arrêtés, le bras continue sa course pour libérer simultanément 5 ou 6 leviers (selon le modèle) prolongés chacun par un doigt et tendus par des ressorts, qui viennent frapper les disques. Vous suivez ? S'il y a une combinaison de dessins gagnante (en général trois dessins identiques alignés), la position des disques fera que trois perforations seront alignées et laissera le passage à un des doigts correspondant à la position gagnante. Le doigt ayant pénétré les disques permettra en tournant sur son axe la poussée d'un certain nombre tirettes métalliques normalement présentes pour immobiliser un ensemble de tiroirs. L'épaisseur des tiroirs détermine le nombre de pièces de monnaie à l'intérieur de ceux-ci, les tiroirs étant eux-mêmes situés sous le tube réservoir évoqué au début de cette présentation, d'où recyclage des pièces. Les tirettes qui elles mêmes étaient maintenues par des ressorts sont poussées par le levier/doigt se trouvent en position "écartée" pour laisser le passage des tiroirs. Le bras poursuivant sa course va maintenant libérer tous les tiroirs, dont les ressorts étaient tendus, simultanément. Mais seuls les tiroirs dont le passage est libéré poursuivront leur course, entraînant le nombre de pièces vers le réceptacle extérieur.
Il y a encore d'autres opérations qui ont eu lieu dans le cycle, tel l'éjecteur de pièces ou l'armement du jack pot, etc... Ce petit exposé n'ayant pour but que d'expliquer le principe de fonctionnement d'une machine à sous "antique" et de montrer l'ingéniosité dont ont fait preuve les inventeurs. Pour de plus amples explications et/ou dépannage éventuel envoyez-moi un Email:
Alexandre@gjan.fr
En conclusion la beauté intérieure vaut la beauté extérieure !
LA TROISIÈME L'ORIGINALITÉ ET L'EXCITATION D'UN JEU:
Ici point de longue explication, pour apprécier, il faut jouer !
Si l'on a pu apprécier la beauté, le style, l'ingénieuse mécanique des machines à sous anciennes, par leur observation, pour apprécier l'excitation du jeu il faut pratiquer. C'est un jouet, rare, peu commun, et une machine presque centenaire provoque l'émotion d'une qualité exceptionnelle. Non pas l'appât du gain, ces machines sont devenues des objets de collection ne permettant pas de faire fortune, même si elles étaient encore exploitées. Ce n'est évidemment plus le cas, les machines destinées à l'exploitation sont aujourd'hui électroniques, plus fiables et plus rentables. Non, il s'agit du pur plaisir de jouer sur des machines, avec des machines ancestrales, qui ont un vécu, connu des gens aussi divers que des fermiers du Kansas, ou bourgeois en frac ou redingote et chapeau haut de forme, tous du siècle dernier, voire du début du siècle dernier... Et vous de tirer le bras du bandit manchot qui vous permettra d'aligner peut être les trois traits noirs du Jack Pot !
Bien entendu ces textes sont "COPYRIGHT", et ne peuvent être reproduits sans l'autorisation de l'auteur: MOI

LOL !!!
Si tu as eu le courage de tout lire et que tu souhaites en savoir plus, en particulier sur mon histoire personnelle liée aux MAS, dis-le moi ou attends la plublication sur mon site des pages "histoire d'une passion", où sont également relatées quelques annecdotes.
Alexandre
Flippe pour les MAS.